Mirakl veut s'imposer comme "l'arme anti-amazonienne" -Commander sur Amazon -42 % Réduction





Chaque semaine, La Tribune braque les projecteurs sur une pépite française inconnue. Cette semaine, Mirakl. Les marchés spécialisés dans l'édition, la startup a levé 62 millions d'euros fin février. Elle souhaite fédérer un écosystème autour de ses marchés afin qu'ils résistent davantage à la concurrence des géants Amazon et Alibaba.




La pépite française Mirakl a levé un total de


© Fourni par La Tribune
La pépite française Mirakl a levé un total de

En 2018, un milliard de dollars de chiffre d'affaires a été réalisé sur les places de marché gérées par Mirakl, et pourtant, la start-up est peu connue du grand public. En sept ans, le logiciel de la start-up destiné à l'édition et à la gestion du marché les a propulsés au sommet d'un marché très jeune. Résultat: le jeune tournage a permis de récolter 62 millions d’euros en série C fin février, lors d’une tournée conduite par l’Américain Bain Capital Ventures (LinkedIn, DocuSign, Lime). Désormais, Mirakl souhaite créer un écosystème entre ses clients et ses partenaires afin de réaliser des synergies, le tout pour mieux lutter contre le tout-puissant d'Amazon et Alibaba.

Numéro 1 du logiciel marketplace

Une place de marché est un espace sur le site de commerce électronique d'un opérateur – Amazon, Cdiscount ou Fnac par exemple – accessible à certains vendeurs extérieurs. Le client peut donc acheter sur la plate-forme de l'opérateur un produit proposé par un tiers vendeur. Il s'agit d'une opportunité de visibilité sans précédent pour certaines PME qui ont du mal à attirer leur propre site (lorsqu'elles en ont un) car les clients ne les connaissent pas. En échange, ils versent une commission à l'opérateur pour chaque vente et en profitent également pour récupérer des données précieuses sur le comportement d'achat de leurs clients. Amazon a lancé son marché en 2003 et depuis 2016, plus de la moitié des unités vendues sur sa plateforme proviennent de fournisseurs tiers.

Alors que des géants tels que la société américaine et Alibaba ont créé leur propre marché, d’autres grands groupes n’ont ni l’expertise ni les compétences pour faire de même. C'est ici qu'intervient Mirakl. La startup publie un logiciel de création et de gestion de marché, disponible en SaaS (service contre abonnement mensuel) pour les opérateurs. Et leur mise en œuvre peut être rapide: il n'a fallu que deux mois et demi à Mirakl pour créer le marché brico-privé. La jeune entreprise se cache derrière les marchés BtoC (Carrefour, Fnac, Wallmart, Nature & Découvertes, Auchan), qui représentent désormais les deux tiers de son activité. Il développe également le BtoB (Satair) depuis deux ans. Elle espère atteindre à court terme la moitié de son chiffre d'affaires sur chacun des deux marchés. Au total, plus de 200 clients, y compris de nombreux grands comptes, ont intégré un marché Mirakl à leur site de commerce électronique.

"Les fabricants se dotent de plates-formes pour unifier leur écosystème de distribution. Pour les vendeurs, ces plates-formes représentent de nouvelles opportunités: 30 000 entreprises vendent sur les marchés Mirakl, dont 8 000 français", déclare Philippe Corrot, co-fondateur de la startup.

Mirakl est confortablement à la pointe de ce marché relativement nouveau. La startup est en avance sur l'international MarketPlacer, Share Tribe ou Near.me et s'impose en France devant Izberg (derrière les plates-formes d'Alstom, Suez ou Private Sale) et Wizaplace (Engie).

Créer un écosystème pour continuer à exister

Les places de marché permettent, par exemple, de tester les clients & # 39; appétit pour les nouveaux produits sans faire d’investissements lourds. Sur les conseils de Mirakl, Best Buy Canada a ouvert son marché aux vendeurs de produits pour bébés et s’est étonnamment établi comme chef de file du marché canadien dans ce segment. Le fabricant de pièces aéronautiques Satair a ouvert son marché pour offrir quatre fois plus de pièces et a pu résister à l'entrée d'eBay sur son marché.

Le marché est donc un moyen efficace de s’imposer comme une référence sur son marché. Adrien Nussembaum, co-fondateur de la startup, encourage ses clients à devenir "Amazon de leur régionUne autre façon de vous protéger contre l’invasion potentielle d’un géant du commerce électronique.

"Historiquement, les entreprises achètent le moins cher possible pour vendre le plus cher possible. Mais ce modèle ne fonctionne plus, il est maintenant nécessaire de créer un écosystème autour de lui et c’est ce qui permet au marché", prévient-il.

Si Philippe Corrot n'hésite pas à qualifier son entreprise "d'arme anti-amazonienne", la startup n'a ni la force de la logistique et de la technologie, ni la diversité des services du géant.Pour compenser ce manque, Mirakl parie sur la création d'un écosystème de plateforme. Devant plus de 400 clients et partenaires commerciaux, La jeune entreprise a lancé mercredi dernier Mirakl Connect, une sorte de réseau social pour les acteurs de l'écosystème. L'objectif est double: ils se placent, avec leurs clients, au centre de cette nouvelle économie. Ils souhaitent ensuite fédérer les entreprises de technologie et la logistique du secteur. toute la chaîne. C’est également l’occasion de faire connaître aux vendeurs la pluralité de plates-formes sur lesquelles ils peuvent présenter leurs produits.

82 millions d'euros levés depuis 2012

Mirakl réalise aujourd'hui 75% de son chiffre d'affaires à l'étranger. Outre son bureau américain basé à Boston, la société dispose d'équipes à Munich, à Sao Paolo ou à Londres. Sa division de recherche et développement, qui compte plus de cent employés (sur 220), reste à Paris. "Avec une mauvaise expérience sur le marché, non seulement le client ne retourne pas sur le marché, mais il ne retourne pas sur le site de l'opérateur", prévient l'un des développeurs. Pour exclure les mauvais vendeurs, Mirakl établit un score à partir de différentes données.

Les domaines d’optimisation de la plate-forme sont nombreux: de l’automatisation de la saisie des données aux contrôles de qualité en passant par l’identification des tentatives de fraude. Mirakl est en train d'obtenir l'accréditation SOC 2 pour la sécurité et la confidentialité des données. Une garantie nécessaire pour les millions de données collectées sur ses marchés, qui ont une valeur significative et peuvent attirer la cupidité.

Aujourd'hui, la startup n'est pas rentable, mais poursuit les investissements grâce aux 82 millions d'euros qu'elle a levé en trois séries, et affiche un chiffre d'affaires "plus proche de 50 millions que 10 millions d'eurosMais s'il maintient le cap en 2019, tous les indicateurs sont verts après une année 2018 réussie, le chiffre d'affaires sur ses marchés a doublé et 60 nouveaux marchés ont été ouverts.





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