Concurrence: Bruxelles resserre son emprise sur Amazon -Commander sur Amazon -52 % Réduction





Amazon à son tour. Après
Pomme

,
Facebook

et
surtout Google

, la Commission européenne a annoncé mercredi avoir ouvert une "enquête approfondie" contre le cyber-commerçant américain, qu'elle soupçonne de concurrence déloyale.

"J'ai décidé d'examiner de très près les pratiques commerciales d'Amazon et son double rôle en tant que marché et détaillant, afin de déterminer si la société se conformait aux règles de la concurrence de l'UE."explique la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager.

Bruxelles soupçonne Amazon d’exploiter les données générées par des tiers vendeurs utilisant sa plate-forme, où ils représentent près de 60% du volume des ventes. "En fournissant un marché aux vendeurs indépendants, Amazon collecte en permanence des informations sur les activités menées sur sa plate-forme"explique la Commission.

Opacité

En accumulant des informations sur les produits, les vendeurs tiers et les transactions, le géant américain serait en mesure de "Faites vos propres calculs" et donc avoir un avantage concurrentiel pour "Voir ce que les gens veulent comme une offre et ce qui les pousse à acheter un produit particulier", a expliqué en septembre Margrethe Vestager, lors du lancement du
enquête préliminaire dont les résultats ont amené Bruxelles à aller plus loin.

La Commission se concentrera sur les termes du "contrat type" signé par un détaillant pour vendre sur Amazon. Elle est également très intéressée par les conditions du bouton "Acheter une boîte", qui permet aux consommateurs d’ajouter le produit d’un vendeur directement à leur panier. C'est le Saint Graal pour les détaillants mais la méthode de sélection de ses bénéficiaires est opaque.

Les données collectées, problème clé

L'affaire fait écho, à certains égards, à celle qui opposait Bruxelles à Google Shopping et aboutissait à une amende record de 2,42 milliards d'euros en juin 2017. Mais cette spécificité pourrait avoir un impact sur les études au-delà d'Amazon. "Il s'agit du premier véritable accord avec un géant de la technologie où le problème central réside dans la collecte et l'exploitation de données provenant de partenaires commerciaux"explique Nicolas Petit, professeur de droit à l'université de Liège. " S'agit-il d'une ressource stratégique qui peut être mobilisée puis évincée des marchands concurrents de ses propres produits? Cela peut aider à voir plus clairement ce qu'une plate-forme peut faire ou non des données de ses partenaires commerciaux "Il analyse.

Le risque d'une amende colossale

Pour la firme de Jeff Bezos, qui assure qu'elle "coopérer [a] pleinement " avec la Commission, c’est un nouvel attelage sur le vieux continent. Déjà aux prises avec un défi social musclé – une cinquantaine de grèves ont perturbé l'activité de ses entrepôts européens en 2018 – le géant de Seattle doit maintenant faire face à une attention accrue de la concurrence des gendarmes.

Chance du calendrier, l'Office fédéral allemand de lutte contre les cartels
a conclu mercredi sa propre enquête

les conditions de service régissant les relations entre Amazon et les tiers vendeurs. L’accord signé par l’Office et le détaillant en ligne prévoit que ce dernier accorde 30 jours de paiement. avis et un motif d’exclusion des vendeurs bannis du marché.

Dans le cas de l'enquête ouverte par Bruxelles, "l'ouverture d'une procédure d'enquête formelle ne préjuge pas de son issue", dit la formule de la rigueur. Néanmoins, une enquête approfondie aboutit presque toujours à une amende pouvant aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires dans ce type d'infraction.





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